Hope et Ray, day 3
Début ici, puis là.
Il est 7h30 lorsque j'entends toquer puis ouvrir la porte (à l'hôpital, ils ne toquent que pour prévenir qu'ils vont ouvrir, pas vraiment pour demander s'ils peuvent entrer).
J'enlève le masque qui couvre mes yeux pour dormir. Je suis encore dans les vaps, car, malgré tout, j'ai pu sommeiller un peu.
On m'attrape l'oreille pour m'y fourrer le thermomètre du matin. Je vois un médecin (je suppose), et plein de gens. Des infirmières, des internes ? Ha, ça sent la tournée des grands ducs, comme dans les séries.
Zamoureux ouvre un oeil depuis le divan.
Le médecin me demande de noter ma douleur. Ou plutôt non, le médecin ne va pas s'adresser à moi une seule seconde:
"Elle a bien dormi ? Elle a vomi hier il paraît ?". Je ne sais pas s'il attend une réponse de moi ou des infirmières. Je réponds tout de même, trop faible pour lui signaler vertement qu'il pourrait éviter d'employer la 3e personne lorsque je suis à côté.
Sans plus de préambule, il explique à ses internes de quoi j'ai été opérée. Et il soulève ma chemise de nuit, afin de montrer mes cicatrices (et le reste de mon corps par la même occasion) aux autres. J'ai l'impression de n'être qu'un cas clinique, un morceau de chair à étudier.
D'ailleurs c'est tout à fait cela en réalité. Et c'est vraiment dérangeant, voire très énervant.
En repartant, il fait une blague à un Zamoureux semi-réveillé, lui disant qu'ils vont nous laisser dormir encore, vu qu'apparement nous ne sommes pas des lève-tôt. J'ai envie de l'étrangler, mais finalement ma douleur au ventre est plus forte, et je me contente d'appuyer sur le bouton pour appeler l'infirmière (je n'ai désormais plus de scrupules à les déranger).
Zamoureux me laisse pour aller travailler.
Une infirmière passe me voir, pour reprendre mes constantes et m'enlever ma perfusion. Hourra, je me sens un peu moins malade, et non reliée à un truc piqué en moi, et que je dois trimballer partout!
Elle ajoute que bon, maintenant il va falloir que j'apprenne à me lever seule tout de même, et que je marche un peu. Car dans l'idéal ce serait bien que je sorte ce soir.
Je commence à stresser (je n'arrive pas à me lever seule, comment pourrais-je rentrer chez moi et monter les 3 étages, ils sont fous!!!). Elle me dit que la chirurgienne passera me voir plus tard. Mais qu'il faut que je marche.
Je me sens désespérée... Cela ne fait même pas 24h que j'ai été opérée...
Plus tard, ma chirurgienne vient me voir pour juger de mon état. Cette femme est très professionnelle, très rapide. Trop parfois, j'ai du mal à suivre. Elle me demande en quelques secondes ce que je regarde comme dvd sur mon PC, ha tiens je lis en Anglais, la couverture est jolie, mais l'Anglais ça va c'est pas trop dur ? J'ai à peine le temps de répondre (que merci je suis bilingue, mais t'imagines quoi, qu'à part les médecins on est tous neneus ?!) qu'elle pose d'autres questions. Elle m'appuie sur les pansements (enfin les trous quoi!), je grogne de douleur. Elle me dit sur un ton gentil, mais moqueur, que les jeunes sont décidément très douillets. Je me demande si elle est sérieuse.
Elle me demande également si je suis prête à sortir ce soir. Je lui réponds que non, je peux à peine me lever, et en plus je ne vois pas comment je pourrais monter 3 étages pour rentrer chez moi. Elle me demande pourquoi je devrais monter 3 étages. Je lui réponds que c'est parce que j'habite au 3e étage sans ascenseur tout simplement (...).
Elle me répond donc, d'un air contrarié, que dans ce cas je sortirai demain, soit. Et qu'elle repassera plus tard dans la journée.
La voilà partie.
Quelques dizaines de minutes plus tard, je suis en train de tenter désespérément de me lever afin d'aller aux toilettes seule, comme demandé par l'infirmière. Je n'y arrive pas... C'est alors que le même médecin que ce matin passe, avec deux infirmières. Je me glisse donc de nouveau sous mes couvertures, tandis qu'Ils reprennent mes constantes. Il me demande si j'ai mal à mes cicatrices. Je réponds que oui, d'autant plus que la chir vient de m'appuyer dessus il y a quelques temps. Il se met alors à appuyer dessus. Je me mets alors à pleurer de douleur, ce qui le fait rire. Il me demande si je peux me lever seule. Je réponds que j'étais en train de tenter, mais que je n'y arrive pas. Il se moque un peu, et se retourne pour partir. Une des infirmières me demande si j'ai besoin d'aide pour me lever, et reste avec moi. Je la remercie, en pestant intérieurement contre les médecins pour qui je ne suis qu'un cas d'étude, contrairement aux infirmières qui me prennent, elles, pour un être humain.
La journée se passe, entre siestes comateuses, dvd, et lectures. Dans l'après-midi mes parents puis Zamoureux me rejoignent.
La chirurgienne repasse, et nous informe que c'est arrangé je pourrai sortir le lendemain. Nous demandons s'il sera possible d'avoir une ambulance ou autre véhicule, étant incapable de rester assise tout le temps du trajet, et de monter les escaliers seule. Elle râle, mais finalement accepte. Elle nous dit que de toute façon elle préfère encore payer une ambulance à 200€ que de garder quelqu'un encore une nuit de plus, car cela coûte à l'hôpital 1400€. Bon, même si j'en conviens, cela est logique de faire un tel calcul, j'ai encore une fois l'impression que parfois le "confort" du patient passe bien après le reste. L'opération est ok, donc hop, rentabilisons le lit! Et encore, j'ai la chance de ne pas devoir être seule les jours suivants, sinon je ne sais même pas comment je pourrais gérer, moi qui ne peux pas faire grand chose seule pour le moment... Cela me laisse dubitative tout de même...
Heureusement, elle ajoute que si besoin j'aurais une petite piqûre de morphine pour m'aider à bien tenir le trajet.
L'après-midi se termine. Ma mère m'aide à me lever et à prendre une douche en me lavant les cheveux. J'ai de nouveau 4 ans. Enfin au moins je me sens de nouveau humaine et propre.
Je n'ai toujours pas osé regarder mes cicatrices, j'ai juste demandé à ma mère si c'était horrible à voir. Apparement c'est potable.
Enfin, le soir arrive et mes parents et Zamoureux me laissent pour la nuit.
Nuit où, pour la première fois, j'arriverai (avec grande difficulté, douleur, et lenteur tout de même, mais bon) à me lever seule.
Grande victoire, je me sens trop une winneuse (c'est fou comme parfois nos objectifs peuvent être relatifs!)
Commentaires
Je prends enfin le temps de te laisser un petit commentaire!
Eh bien, ma grande, quelle aventure!!! Dommage que l'infirmier du premier jour ne soit plus passer! Et que les docteurs n'aient pas la même écoute attentive que Georges à la grande époque "urgentesque"... ni le physique qui va avec!!!
J'espère sincèrement que tu te portes mieux à présent et que cela n'est plus qu'un vague mauvais souvenir.
Gros bisous
Salut p'tit sucre.
T'es bien une fille, petite chochotte.
Je déconne, hein. Je préfère essayer de te faire rire au risque que ça tire sur tes --balafres-- cicatrices, car ce n'est jamais plaisant de lire que quelqu'un ait dû subir ce genre d'expérience.
Je comprends bien ton stress pré-opératoire. Pour ma part, il y a fort fort longtemps, pour une opération bien plus light j'avais bien flippé en entendant l'anesthésiste papoter du tour de France avec l'ORL d'un ton désinvolte en m'entrainant dans leur --chambre froide-- bloc opératoire. J'étais trop jeune pour oser leur réclamer un peu de concentration avant de me taillader... Et puis bon, comme nous, ils balossent avec leur collègues au boulot ;)
En tout cas, je pense qu'on peut dire que le plus dur est passé. Remets toi doucement et profite sans honte que Z'Amoureux soit aux petits soins...
oups, pas de syntaxe wiki dans les commentaires, pardon...
Sylviane : coucou toi! C'est sûr que j'aurais apprécié un Georges, un Carter (pour un House, je me tâte quand même, pas sûre que j'aurais apprécié à sa juste valeur:p). M'enfin bon on peut pas toujours gagner... Et puis j'avais le meilleur, j'avais Zamoureux (si tu me lis mon tit mari:p)
gros bisous à toi
Sleabo : ha bah j'ai jamais démenti être une chochotte hein:p
Et puis arrête me fais pas rire, ça fait mal... (et pis ce ne sont pas des balafres, j'ai "juste", 4 -relativement- petits trous d'abord!)
C'était une opération de quoi toi (si tu me dis dents de sagesse, je te range dans la catégorie des chochottes graves avec Soso, fais gaffe!!) ?
C'est sûr, faut bien qu'ils s'amusent aussi au boulot, mais bon, si moi je papote et que je loupe mon truc, c'est pas très grave...
Si le chir se bidonne trop avec la blague d'un anesthésiste et rippe sur une artère, c'est quand même balaud... Surtout pour le malade quoi... :p
T'inquiète, Zamoureux est grave aux tits soins (comme d'hab), c'est le meilleur j'vous dis!! (vais lui dire d'aller lire le blog et les commentaires tiens:p)
D'emblée, j'avoue que ce n'était pas une opération douloureuse. C'était une petite tumeur dans l'oreille. Cependant, étant petit, j'ai eu pas mal de petites opérations (paracentèses principalement) et l'anesthésie est devenue l'étape qui me fait flipper grave, l'instant où tu perds conscience.
Ce sont des anesthésies de courte durée où tu respires du protoxyde d'azote je crois, et ça pue (bien que maintenant, ils le parfument) et au réveil tu as toujours ce goût dans la bouche. Beuârk.
Mes dents de sagesse, je les ai toujours, je pense que c'est pour la vie, maintenant.
sleabo : bah dans l'oreille ça doit faire mal aussi au réveil tout de même! Sans parler des otites (sinon pour paracentèses merci, j'ai appris un nouveau mot ce soir... Et rien que d'imaginer, aïe!)...
Perso c'est pas tant que ça me fait flipper de perdre conscience, c'est juste qu'à chaque fois j'ai l'impression que ça ne va pas marcher... Enfin bon, heureusement ce n'est pas le cas ;-)
Désolée grand sage, moi je me suis fait ôter mes dents par un boucher (dixit ma nouvelle dentiste après coup...), en deux fois anesthésie locale (le pire c'est la 2e fois, quand TU SAIS ce qui va se passer). J'ai eu le look hamster bleu pendant quelques jours.
Ouais, décidément Soso t'es pire que moi, biatch, moi j'ai pas eu le droit à l'anesthésie générale:p