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Plutôt longs, et en vrac...

 

Et je m’assis sur une pierre me mis à pleurer
Mes larmes glissant alors dans la rivière
Mille fléaux que l’on ne saurait épancher

Ainsi en moi se fit l’hiver

De ses yeux glissaient autant d’étoiles
Pluie infinie issu d’une âme désespérée
Par tant de féroces et inutiles batailles
Peines de tout temps à jamais effacées

La forêt silencieuse en son sein la berçait
Doux réconfort pour l’esprit ainsi éperdu
Espérance de toute une vie
Brisée en une seule nuit
Comme peut l’être un rêve pour toujours perdu
Lorsqu’avec l’aube revient la réalité

 
Seul dans ce désert vide
Terre sèche et aride
Le dernier homme contemple le coucher du soleil
Debout face à l’astre vermeil
Il rêve de lointaines prairies vertes et d’océans
Perdu dans l’infini brûlant

Soudain un bruit puis plus rien
Un mugissement du vent subitement éteint
Réponse au silence imposant
D’une fournaise sauvage mer de sable brûlant

Une planète s’éveille et se met à briller
Subitement alors le brasier est étouffé
Le pourpre s’effaçant en pastels dégradés
L’azur sanglant laissant place au ciel étoilé
Autant de paillettes perdues dans l’immensité
Le promeneur s’évade et se met à rêver
Un moment de sérénité
Lui seul face à l’éternité


 

Seule dans la nuit sans fin
Seule face à mon destin
Je t’ai longtemps cherché
Et ne t’ai point trouvé

Pourquoi m’as-tu laissée?

Seule face à mon miroir
Seule dans ma chambre noire
Je t’ai souvent appelé
Et j’ai souvent pleuré

Pourquoi m’as-tu aimée?

Seule marchant dans la rue
Seule je ne t’ai pas vu
Je t’ai donné ma vie
Cela n’a pas suffi

Pourquoi es-tu parti?

Seule sur le pont sans bruit
Seule pleurant dans la nuit
Et j’ai crié ton nom
Avant le grand plongeon

Pourquoi m’as-tu poussée?

Seule au milieu de l’eau
Seule trouvant le repos
Il fallait bien partir
Reste les souvenirs

Pourquoi etais-je sans toi?
 

Criant ton nom à la face du monde
Ne recevant en écho que ce silence
Pesant. Mon appel dans le vent si vide

Pleurant ton nom seule vers l’océan immense
N’entendant en réponse que la clameur de l’onde
Se déroulant. Ma plainte aux flots tourbillonants

Brûlant alors ma passion aux feux dévorants
De l’oubli. Mon âme à présent seule, vagabonde
Hurlant ton nom au brasier de la vie

Enterrant enfin mon amour au plus profond
De mon coeur. Tentant d’effacer ton nom
Douloureux, blessure douce amère de mon esprit

Hélas aucun des éléments
Ne pourra jamais illustrer pourtant
Ce désespoir omniprésent
Que je ressens lorsque tu es absent

Le vent soufflant
S’essouflant, soulevant
Les rideaux blancs
Tout au loin, le levant

La brise joue
La mousseline ondule et danse
Spectacle doux
Une bise sur la joue, l’enfance

Or souffler n’est pas jouer
Et doucement le vent s’est estompé
Tendrement s’est retiré, pas à pas
Le rideau repose là 
Doux Nuages flottants volant
Moutonneux dans une mer de ciel
Vaporeux, du coton, du miel
Barbes à papa libres, glissant

Aérien, le soleil s'endort
De fleur bleue, deviennent roses
Les cotons sucrés se reposent
Demain redeviendront prose

Paysages défilant inlassablement
Un infernal tableau tourbillonant
La rosée alors s'est évaporée
Transcendée dans les yeux qui s'en sont embués

Douleur si poignante, non encore épuisée
Vient Percer un coeur accablé
Dès lors sans voix, larmes sechées
Perdue, seule, sans retour annoncé, lassée

Mais une nouvelle goutte brille d'espoir
Une lueur dans ce lumineux pluvieux
Un message, un départ
Demain tout ira mieux

Autant de lambeaux de pluie
Soufflant volant retombant
Les goutelettes dansent et fuient
Bercées par un halo orangé déclinant

Lueur d'un sombre lampadaire
Seule chaleur dans ce silence polaire

Dans l'obscurité une fenêtre
Derrière le rideau entrouvert un être

L'eau froide se reflète dans ses yeux
Sans s'en douter vaquant à ses occupations
L'esprit ailleurs loin sous les cieux
Prêt à s'endormir sans façon
Mon âme qui réclame
Un soupir un souffle en vain
Reçoit un son cristallin
Susuré sans nul blâme

Simple mal-être sans y paraître
Oublier là le reste fermer les yeux
Se laisser porter se laisser être
Mais plus jamais rien à présent n'y peut

Des primes non désirées
Rimes d'un noir mordoré
L'hiver recouvrira tout
D'un blanc laiteux presque flou

Et pourquoi voudrait-on perdurer ainsi
Pour voir le sol fondre sous les pieds
Pourquoi ne pas se laisser couler
Ne faire qu'un avec cette chute adoucie

Relever un jour la tête
Un lointain matin de printemps
Se dire alors que peut-être
La fin est proche sûrement

Sortir enfin de ce manège
Ouvrir des yeux ahuris
Sentir là ses pas sur la neige
Faibles crissements de survie

Se retourner soudain dans un réflexe
Voir le blanc tout autour
Réaliser que ce rêve complexe
N'était qu'un sombre détour

Cela n'était point une chimère
Et le voile blanc continue de flotter
Lorsque l'on referme les paupières
Pour se laisser à nouveau entraîner

Les flocons amortiront la chute
Dans ce coton intangible et froid
L'on ne ressent plus aucun effroi
Lorsque l'on arrête enfin la lutte

Et s'il existait une autre perspective ?
Une douce nuit sans image ni rêve ?
Pourquoi ne point y croire de faŤon vive...
Ha, quelques heures de répit même brèves
Y aurait-il donc une solution ?
Trouver enfin une infime pause
Oser se coucher sans peur ni appréhension
Serait-ce possible que l'on se repose
Euphytose j'écris ton nom

Je me noie dans l'infini d'une goutte d'eau
Epave accrochée au rivage
Doux songe soufflé par les flots
Sans aucun point d'ancrage, entrave au voyage
Libre, une plume
Tournoyant dans le vent
Virevoltant près du bitume
Poésie perdu, le néant

 

Où est donc passé le temps
Celui que nous aimions tant
Chérissant nombreux sourires
Comme autant d'enfants

Où est donc passé le temps
Celui de nos souvenirs
Où il faisait bon tout temps
De n'en revenir

Où est donc passé le temps
Que tentant de retenir
N'en gardâmes que d'aigres rires
Des larmes d'antan

Où est donc passé le temps
Ses appels nous enchantant
Où il ferait bon de fuir
S'y laissant périr